Nicolas Rouxel-Chaurey

A partir de papier journal et de bois de récupération, le projet consisterait en la plantation de sept colonnes de papier ou Totems. Ces totems sont d’une hauteur variable : entre un mètre de haut et deux mètres soixante. Les montants en bois viennent des bennes de scieries ou décharges, lorsque les palettes sont jetées. L’intérêt est de procéder à partir de ce que le hasard réserve : tout dépend de ce que je trouve en situation. Le but est de faire avec, en discutant aussi avec les entreprises pour savoir ce qu’elles jettent et sont prêtes à donner. Parallèlement à cette recherche de bois, je plie des journaux  apportés par des anonymes. Mon but est d’exposer une grande quantité de feuillets aux intempéries, de façon à ce que les fibres travaillent (eau, humidité, vent, soleil, nuit, aubes). Le papier est déjà mis en forme sommairement et il faut surveiller le processus de conjonction entre l’air et l’humidité par des manipulations, des rotations destinées à conserver du sec. L’utilisation des matériaux pauvres que sont le papier journal, le bois de palette et le cas échéant la ficelle de facteur offrent la possibilité de travailler entre humilité et résistance. Il s’agit d’engager la question du soin et des précautions dont il faut faire preuve pour que face à la nature, au sein de la nature, les totems puissent entrer en harmonie, en équilibre.
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