Lecture : Le Théâtre du Soliloque

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D'après Discours de la servitude volontaire – La Boétie Le Théâtre du Soliloque Lecture par Boris Alestchenkoff – Direction artistique : Valéry Deloince

Le Théâtre du Soliloque propose une lecture in situ du texte de La Boétie « Discours de la servitude volontaire » publié en 1546 alors qu'il n'avait que 18 ans. Une lecture donc avec Boris Alestchenkoff, comédien rencontré sur une autre création du Soliloque, une adaptation de la Colonie pénitentiaire de Franz Kafka. Une amitié est née. Une envie aussi de remettre un chantier sur l'établi.

Une lecture donc, un moment à partager et écouter les mots qui traversent les questions – pourrait on dire – essentielles de notre humanité. Qu'elles traversent notre histoire par les permanences qu'elle installe. La servitude volontaire comme un rapport au pouvoir, à tous les pouvoirs : qu'ils soient politiques, économiques. Une aliénation permanente pouvant pousser à l'impuissance. Nous aurions pu lire aussi « le meilleur de mondes » d'Huxley, ou « 1984 » d'Orwell. Mais laquelle de ces visions a réellement triomphé aujourd'hui ? Ne sommes nous, nous mêmes et par nous mêmes esclaves ? Prendre le temps du symbolique que peuvent constituer les mots écrits, des exemples donnés par l'auteur comme autant de métaphores d'aujourd'hui. Avec les oiseaux dans les arbres.  
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Lecture - LE THÉÂTRE DU SOLILOQUE

Lecture - LE THÉÂTRE DU SOLILOQUE

  Quel chemin avez-vous emprunté jusqu’à la création ?

Une recherche : comment éclairer les ombres. Sorte d' envie voire d'obsession incompressible de mettre en lumière ce qui ne se dit pas, ou ne veut pas se voir, ou ne veut pas être entendu...

Que veut dire créer pour vous ? Pourquoi créer ?

On ne crée rien, on recrée sans cesse. Pourquoi alors, parce que c'est une nécessité de faire du symbolique. Encore plus aujourd'hui.

Qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui?

Presque tout. Le monde tel qu'il fonctionne . Après la catastrophe, en attendant la suivante avec cette urgence soit de s'y préparer soit de faire quelque chose pour l'éviter, ensemble.

Pourquoi le théâtre .... ?

Le théâtre est un comme un terrain vague où des enfants jouent aux cow-boys et aux indiens. Dans le jeu se cache toutes les questions de l'humanité : l'amour, la mort, le jeu du pouvoir et les secrets.

Pourquoi cette œuvre ou performance ? (envie, essai, ...)

Texte ancien mais combien contemporain : servitude volontaire, auto-aliénation, auto-réification sous la voile néo-libérale. Une sorte d'essai dans une recherche à plus long terme. L'appel de la forêt....

Votre environnement de travail ou de vie vous influence-t-il ?

Oui toujours mais pas seulement, il faut ouvrir les portes d'un regard ailleurs pour une pensée plus large. Contre un divertissement qui pourrait distraire ce regard. Envisagez-vous une œuvre comme un message, un témoignage, une proposition?

Une proposition de penser ensemble. De faire surgir Apollon et Dionysos. Un « rite culturel » commun pour penser le monde commun.

Pensez-vous aux personnes qui pourraient découvrir cette œuvre lorsque vous créez ?

Oui toujours. Ils font partie de l'oeuvre puisqu'il y a partage, indéniablement. Une écoute, une immersion dans ce que dit le texte et son contexte. L'accueillir, l'accompagner. Et tenter enfin d' être disponible.

Pourquoi participer au festival des artistes en campagne ?

Pour l'ouverture sur l'extérieur, sur les odeurs, les bruits, les arbres. Pour le mélange des genres et pour une réflexion – impérieuse – de l'art dans une société post-moderne.

La nature et le paysage servant de lieu d'exposition, sont ils pris en compte dans l'organisation spatiale de votre travail in situ?

Souvent par l'adaptation. Prendre ce qui existe, ce que la nature nous offre. Il suffit alors d'entamer une nouvelle démarche : ouvrir ses sens. Le plateau sur fond noir servirait alors de zoom avant sur l'état des émotions et des questions du personnage : l'humain.

Pour vous l’œuvre doit elle raconter ou suggérer?

Les deux ouvrant la place aux soliloques du passant, du visiteur.

Y a t il une influence directe de notre époque sur votre travail?

Oui clairement, je pense. L'art n'est il pas cet espace indescriptible et indéchiffrable par les seuls mots, où se forge un symbolique nécessaire à la civilisation. La Boétie, Kafka, Mirbeau auteurs d'hier à l'écriture vivace. Rien n'est abouti, tout se joue tout le temps. Se rejoue, devrais-je dire. Sans symbolique de l'art, aucune rencontre n'est possible, juste des confrontations et des chocs. Quels sont vos médiums de prédilections et pourquoi?

Reconstruire une certaine réalité avec l'utilisation d'objets connus, familiers. Y mettre une dose de paroles et de mots. Et une dose de lumière domestique.

Comment envisagez vous la relation artiste - œuvre – spectateurs?

Une rencontre, un partage d'un point de vue du monde. Une réflexion commune par l'échange.

Quels sont pour vous les choix et les enjeux du point de vue du spectateur sur votre œuvre? Y a t il un phénomène d'inter action entre le spectateur et l’œuvre que vous présentez?

Tout dépend de la forme choisie. Immergé le public, c'est l'emmener lui même et ce qu'il est dans une histoire. Qu'il ressente. Qu'il retrouve une ritournelle qu'il connaît déjà. Pour une lecture, comme tel est le cas, ce choix est arbitraire, imposé par une nécessité d'écouter ce qui est dit, ce qui a traversé le temps. Comme le jeu de la bobine : il est là, puis plus là. S'arrêter le temps d'une écoute. Juste prendre le temps ensemble.

Comment et en quoi les matériaux utilisés dans votre travail sont ils prégnants?

Par une sorte de frénésie à montrer ce qui se cache derrière. S'installer au cœur des bois par exemple, ensemble. Loin du bruit des villes. Ici le texte, sera lu avec les oiseaux.

L’œuvre est-elle envisagée comme une suggestion à une idée que vous souhaiteriez véhiculer ou partager?

Oui en tentant de répondre déjà aux questions qui tarabustent. Espérant qu'elles se partagent.

 
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