Morgane Blanchet

 

    Morgane Blanchet est une plasticienne textile diplômée de l'école E.S.M.O.D. en style et modélisme. Elle y affine son regard en spécialisation 'créations scéniques' et y met très nettement en avant un univers personnel où priment ses questionnements sur la nature et l'environnement. Elle utilise ainsi  tous les types de matériaux végétaux et minéraux en une technique mixte. Son travail, de formes et de mise en place du costume, insiste sur la relation flagrante entre le vêtement support d'expressions et les interrogations les plus prégnantes de notre société. A Savins, pour le festival du land art 2011, elle focalise son attention sur l'idée d'une mutation et d'une pétrification de quelques éléments corporels en de véritables pans glacés. Cônes bleutés et brillants, non plus de matières naturelles mais plutôt de plastiques, de résines, de colles et de latex, alternent ainsi avec la douceur d'une cotonnade déjà givrée. Quelques coulées colorées de bleu, rappelant tout autant les grottes glacées de nos pôles que les traces huileuses ou diluées de pétrole agglutiné, s'effacent où se posent progressivement en un délicat camaïeu quasi transparent. Le corps, peu à peu se fige, recouvert d'une pellicule de glace. Entravé de quelques bandes textiles, il s'immobilise lentement mais définitivement, en un froid fossile. Nul doute qu'il restera ainsi pétrifié, et qu'il sera pour les générations futures, le témoin des brutales mutations de notre temps. Mais au delà du travail sur les bouleversements climatiques qui risquent d'aller au gré des maximums de conditions les plus impensables, Morgane Blanchet choisit aussi l'extrêmement glacé afin du nous suggérer que cette conservation des plus froides sera peut être aussi l'un des seuls moyens d'accès à une forme de régénérescence. Petit espoir de survie que ces quelques éléments moléculaires prisonniers des glaces. Ils ne semblent attendre qu'une  fonte prochaine pour nous révéler toutes leurs possibilités d'actions. Il fait plus chaud par les temps qui courent: réchauffement climatique. Vous croiserez peut être ainsi, lors de quelques promenades en ce festival du land art, un banc de glace où la végétation reprend déjà ses droits. A moins que nous ne nous trompions et qu'il ne s'agisse pas d'une fonte quelconque, mais bien au contraire d'un envahissement d'une matière trompeuse, chimique et polluante qui se plait à imiter la neige et la glace et dont nous ne nous sommes pas méfiés. 
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